En fin de semaine, les 334 caisses locales des trois fédérations (Bretagne, Massif central et Sud-Ouest) qui forment le Crédit mutuel Arkéa ont approuvé à 96,4 % un projet d'autonomie par rapport au reste du groupe Crédit mutuel. Une belle victoire pour Jean-Pierre Denis, le président d'Arkéa, qui salue un «vote historique et fondateur».
Le scrutin rend plus probable que jamais un divorce au Crédit mutuel. Reste à l'organiser. Or, la bataille sur les modalités d'une séparation s'annonce aussi âpre qu'elle l'a été sur le thème d'une impossible unité. Arkéa réclame la création de son propre organe central, c'est-à-dire de sa propre structure à la fois tête de réseau et interlocutrice des autorités bancaires. La Confédération nationale (CNCM) resterait notamment en charge de la «promotion de la marque Crédit mutuel».
Fin de non-recevoir de la CNCM
Impensable pour la CNCM, pour la fédération de Strasbourg - CM11CIC - qui est la plus puissante, mais aussi pour les autres, celle de Lille notamment. Pour le président de la CNCM Nicolas Théry, l'alternative est binaire, c'est dehors ou dedans. Un «Arkexit» suppose un abandon de la marque et de la solidarité du groupe. La CNCM a, samedi, opposé «une ferme fin de non-recevoir à la proposition de création de plusieurs organes centraux au sein du Crédit mutuel». Le groupe réaffirme certes que «l'unité est toujours possible». Mais il a engagé une procédure de sanction à l'encontre d'Arkéa et désignera dans quelques jours un cabinet indépendant pour mener une étude d'impact. Il entend aller vite pour trancher l'affaire, avant la fin de l'année. Une urgence justifiée par le calendrier imposé par la BCE, qui exige des plans de crise (plans de résolution) que le groupe Crédit mutuel n'est aujourd'hui pas en mesure de fournir.
Les autorités politiques et financières vont devoir se saisir d'un dossier délicat. La création des organes centraux mutualistes et la définition de leurs prérogatives sont en effet du ressort de la loi.















