Terrorisme : l’affaiblissement de Daesh “renforce” le risque d’attentat, assure François Molins

Interviewé dans "Le Monde" ce 2 septembre, le procureur de la République de Paris fait par ailleurs l'inventaire des mesures prises par la justice pour prévenir une menace terroriste de plus en plus forte.

François Molins fait état d'environ "2.000 Français impliqués, c’est-à-dire partis, en transit ou souhaitant se rendre en Syrie, dont environ 700 sont sur zone". Ce dernier souligne également l'évolution fulgurante du nombre de procédures : "26" en 2013 contre "324 dossiers" à ce jour. Sur ces 324 dossiers, seuls "25" sont "jugés ou en attente de jugement". Par ailleurs, "982 individus font ou ont fait l’objet d’enquêtes judiciaires pour du terrorisme islamiste", d'après les chiffres du parquet de Paris. Parmi eux, "280 sont aujourd’hui mis en examen", dont "167 sont en détention". Sur ces 982 individus, "577" autres "font l’objet d’un mandat de recherche ou d’un mandat d’arrêt".

Une attention accrue envers les femmes et les enfants radicalisés

Le procureur de la République met l'accent sur la présence, de plus en plus forte, de femmes dans les rangs des organisations terroristes - "des centaines de femmes", dit-il, dont il faut anticiper le retour de Syrie, parfois avec des enfants. "À ce jour, 59 ont été mises en examen pour des faits de terrorisme, dont 18 sont détenues", explique François Molins. Dans son entretien, le procureur reconnaît que le parquet de Paris pensait au départ "que les femmes suivaient leur mari et se cantonnaient à des tâches ménagères en Syrie". Mais leur rôle est devenu clé au sein de certaines organisations. En conséquence, elles sont aujourd'hui "systématiquement interpellées à leur retour et placées en garde à vue", assure François Molins.

Pour les mineurs, parfois nés sur place, souvent lourdement endoctrinés, "la loi prévoit de privilégier l'approche éducative", affirme-t-il. Lorsque la détention est jugée nécessaire,la loi du 21 juillet "allonge la durée de détention provisoire des mineurs de un à deux ans". Chez ces jeunes, la justice constate "une accélération des dossiers de jeunes filles mineures, avec des profils très inquiétants", "parfois à l’origine de projets terroristes (…) très aboutis", affirme François Molins. Les combattants de moins de 18 ans sont "une petite vingtaine" selon la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui précise que "certains sont morts au combat". "Trente-cinq mineurs sont aujourd’hui mis en examen", dont 9 sont détenus. Par ailleurs, "plusieurs" procédures, "à Paris" et "en province" selon le procureur, ont été ouvertes depuis la loi du 3 juin relative à la consultation de sites djihadistes.

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